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ELECTIONS LEGISLATIVES: LE PRESIDENT MACKY NE DOIT PAS PRENDRE PART A LA CAMPAGNE.

Mandiaye Gaye, lors de la cérémonie de dédicace de son dernier livre

Macky Sall, président de la République ne doit absolument pas prendre part à la campagne électorale des législatives.

On ne peut et ne doit pas dénoncer hier un fait pour injuste, pour faire exactement la même chose le lendemain. On se le rappelle bien qu’en 2002, la participation directe de Me Wade, président de la République à la campagne électorale des législatives avait soulevé un véritable tollé et avait été très justement dénoncée parce qu’elle était illégale. Wade s’était entêté et avait pris part malgré tout. On comprend mal aujourd’hui, le président Macky Sall qui prône la rupture avec les anciennes pratiques et méthodes  de Me Wade, veuille marcher exactement sur les pas de ce dernier. Comment on peut être si bien élu avec 65,80% des suffrages exprimés et vouloir se compromettre des actes illégaux qui ne vous rapportent rien de plus, sinon que ternir cette belle victoire sur un monstre vomi par son peuple, pour justement et en partie, à cause de ses nombreuses violations de la loi et son parti pris manifeste en faveur de son camp. De grâce que la coalition Benno Book Yakaar intervienne et conseille au Président de renoncer définitivement à prendre part à ces consultations. Sa participation illégale à la compétition nuirait inutilement à la future victoire de son camp qui risque d’être entachée par lui-même, président de la République.

Le président Macky Sall, de par sa fonction, devrait être le premier à s’interdire de prendre part à la campagne électorale par grandeur et équité. Et puis, au de-là de l’interdiction par la loi, le président dispose d’une coalition suffisamment forte, apte et aguerrie pour de telles compétions. Sa coalition peut mener  une parfaite campagne à la hauteur de ses ambitions sans qu’elle ait besoin lui, de tordre le cou à la loi, ce qui n’est pas à son honneur. A moins qu’il ait des doutes alors sur la capacité de son équipe à gagner les élections sans son immixtion, ce qui serait très grave. Je pense même que c’est un challenge qu’il devait leur laisser mener seuls afin de se mesurer aux autres. Car, au vu des listes en présence, celle de son camp présente beaucoup d’atouts avec un visage bien attrayant qui a la faveur des pronostics et qui pourrait même avoir celle des plus nombreux électeurs. Mais à la condition que lui, président de la République ne s’implique pas directement dans la campagne car ceci, pourrait avoir un effet contraire, c’est-à-dire révulser certains électeurs libres qui étaient favorables à la liste BBY, à cause de son acte injuste par sa prise de part. Ce serait vraiment regrettable et dans ce cas-là, il en porterait entièrement la responsabilité. Est-ce que cela en vaut la peine ? C’est à lui et sa coalition d’apprécier objectivement avant de commettre une erreur irréparable qui risque de lui coûter cher par des désaffections de concitoyens sympathisants. Il est libre cependant de donner les moyens nécessaires pour battre une bonne campagne à sa coalition, mais pour le reste, il doit laisser son équipe comme des gens majeurs, se battre d’égal à égal sur le terrain avec les autres listes. Il faut prendre les bons exemples et ne pas copier les graves fautes de ton ancien mentor, fautes qui lui ont coûté la perte du pouvoir d’abord et ensuite la dislocation de sa coalition et de son parti, en mille morceaux.

Regardez l’exemple du côté de François Hollande, il s’est bien gardé de s’impliquer dans la campagne des législatives françaises et pourtant il a obtenu de bons résultats avec de fortes chances d’avoir la majorité à l’Assemblée nationale.

Le président Macky doit bien prendre conscience que rien ne peut plus être comme avant au Sénégal. Il a bien déclaré aux Sénégalais que c’est la fin de l’impunité et l’installation d’un Etat de droit. Il est conscient aussi que le peuple sénégalais a subi durant les 12 ans que Me Wade est à la tête de notre pays, une transformation profonde ou mutation qualitative, à telle enseigne, qu’il n’acceptera plus certaines choses passivement sans réagir. D’ailleurs son élection à la magistrature suprême montre à suffisance, la maturité de notre peuple. Elle constitue également la preuve matérielle éclatante de sa détermination à ne plus se laisser faire après Abdoulaye Wade. Par conséquent, le président Macky ne doit jamais perdre de vue le soutien massif qu’il a reçu de la part du plus grand nombre de ses compatriotes. Ce soutien exceptionnel du peuple sénégalais, traduit un immense espoir qui est porté sur sa personne, après avoir été si déçu de son prédécesseur Me Wade. C’est une bonne note que Macky doit bien garder en mémoire et en permanence. Et il a tout intérêt à entretenir et vivifier ce soutien populaire tant recherché, en exécutant autant que possible ses promesses une à une, le moment venu. C’est une garantie sûre pour demeurer dans le cœur de ses concitoyens mais également pour leur montrer qu’il a rompu effectivement et définitivement avec les pratiques nauséabondes de Me Wade. Ceci est très important.

Le président Macky  aussitôt élu, déclarait au peuple sénégalais qu’il était dorénavant le président de tous les Sénégalais sans exclusive, cette déclaration est à respecter à la lettre et il doit tout faire pour que personne ne le prenne à défaut sur ce point. C’est pour dire qu’il doit coller à ses déclarations et pour cela, il doit en mesurer la teneur et la portée avant de les prononcer. Cela est aussi une rupture fondamentale à faire par rapport à ce que Wade nous avait habitué à son époque. (Ma waxoon waxeet).

A cet effet, et s’agissant des audits, il faut maintenir le cap en procédant sans faiblesse ni parti pris sur ce chantier qui tient à cœur tous les honnêtes Sénégalais. Toutefois, tous ceux qui sont concernés par leur gestion ou pour avoir manipulé des fonds, sans exception aucune doivent répondre aux enquêteurs ici et maintenant s’ils le jugent nécessaire. Le peuple sénégalais qui l’a exigé vous observe et vous a donné tous les pouvoirs pour mener à bout et bien cette opération. Et après, leur appliquer la loi dans toute sa rigueur s’il y a lieu. Que ceux qui n’ont rien fait en âme et conscience, n’aient aucune crainte, mais par contre, ceux-là qui ont fauté de manière avérée, qu’ils soient châtiés sévèrement à la mesure de leur forfaiture. Le bien commun du peuple n’est pas un cadavre en putréfaction dans un dépôt d’ordures ou chaque chacal vient prendre sa part. Au contraire, c’est un bien précieux qui est commun à toute la Nation et qui doit être soigneusement gardé par l’Autorité étatique, pour être redistribué selon des règles bien établies en fonction du mérite de chacun.

Mandiaye Gaye

Gaye_mandiaye@hotmail.com

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