LÉGISLATIVES 2012 AU SÉNÉGAL : LES VÉRITABLES RAISONS DU FORT TAUX D’ABSTENTION

Les élections législatives tenues, cent jours après l’accession du président Macky à la magistrature suprême, ont été surtout caractérisées par un fort taux d’abstention.

A notre sens, les principales raisons de ce faible taux de participation se trouvent être le flou artistique entretenu autour des véritables intentions du nouvel homme fort, particulièrement sur les questions institutionnelles ainsi que le dévoiement des procédures démocratiques au sein des principales formations politiques de la Coalition Bennoo Bokk Yakaar.

Il y a également le manque d’enthousiasme des citoyens sénégalais assaillis de doutes, quant à la capacité des nouveaux tenants du pouvoir, qui sont loin d’avoir fait preuve de cohésion et de cohérence, à résoudre les questions brûlantes liées à la demande sociale et à la refondation institutionnelle.

En effet, outre l’absence d’engagements forts et de programme commun, les apéristes auront surtout brillé par un pragmatisme des plus cyniques, (avec, entre autres, une utilisation sans scrupule du phénomène de la transhumance politique), qui se trouve être en porte-à-faux avec les généreuses idées de la révolution citoyenne, initiée par les Assises Nationales et ayant culminé avec la journée du 23 juin 2011.

Le refus des citoyens sénégalais de servir de bétail électoral à cette nouvelle nomenklatura à l’approche technocratique s’est traduit par une érosion de l’électorat de la Coalition de Bennoo Bokk Yakaar, qui est passé de 65% à un peu plus 50%, selon les premières estimations.

On ne peut qu’être préoccupé du fait que les errements de la Coalition Bennoo Bokk Yakaar aient libéré des espaces politiques au profit de forces d’obédience islamique. Certaines de ces formations politiques caractérisées par un haut niveau de populisme, ont certes pris part au processus de libération du peuple sénégalais de la dictature des Wade, mais défendent parfois des positions que ne renieraient pas les islamistes les plus radicaux.

Il faudrait être aveugle pour sous-estimer les dangers que nous font courir l’amateurisme et l’excès de pragmatisme d’une classe politique, qui empêchent l’amélioration de la gouvernance des organisations politiques et le renouvellement de leurs cadres dirigeants.

Il n’est pas encore trop tard pour redresser la barre, en s’accordant sur un programme concerté pour aller sur la voie de la matérialisation conséquente des conclusions des Assises Nationales.

NIOXOR TINE

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