NON AU PRÉTENDU LICENCIEMENT DU MÉDECIN-CHEF DU CENTRE DE SANTE DE GRAND-DAKAR !

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Nous, médecins des centres de santé du Département de Dakar (étatiques et municipaux), tenons à protester de la manière la plus vigoureuse contre le prétendu licenciement de notre confrère, le médecin-chef du centre de santé de Grand Dakar.

Nous dénions au maire de la commune de Grand-Dakar le droit de licencier arbitrairement un fonctionnaire de l’Administration sénégalaise.  Surtout quand il utilise des prétextes aussi fallacieux que ceux qu’il a mis en avant. Une décision aussi lourde de conséquences ne peut être que l’aboutissement d’une procédure longue et contradictoire, dans laquelle les autorités administratives jouent un rôle d’arbitrage, de validation et de recours.

Comment en effet, peut-il licencier un médecin sous prétexte qu’il a refusé de congédier deux agents de santé communautaires, qui relèvent de l’autorité du Comité de santé, dans le cadre du dispositif de mobilisation des ressources communautaires au profit de la Santé ?

En réalité, cet acte qu’il vient de poser semble découler de son incompréhension manifeste des textes de la décentralisation, particulièrement ceux du nouvel acte 3. N’a-t-il pas commencé par exiger du médecin-chef, dès le lendemain des élections locales, qu’il lui remette le chéquier du comité de santé alors que le décret N°92-118 du 17 janvier 1992 fixant les obligations auxquelles sont soumis les comités de santé stipule, en son article 21, que « le responsable de la formation sanitaire détient le chéquier » ?

Par ailleurs, le transfert de la compétence Santé aux Collectivités Locales ne peut, en aucune manière, vouloir dire que les maires de commune, même au cas où ils seraient des professionnels de la Santé, sont chargés de la gestion quotidienne des structures sanitaires. En réalité, il y avait, jusque-là, un organe ayant une fonction délibérative, à savoir, le comité de gestion présidé par le Maire, comprenant un représentant de la commune, le président et le trésorier du comité de santé et le responsable de la structure de santé, ce dernier faisant office d’organe exécutif.

Cet épisode dramatique touchant notre confrère vient s’ajouter aux autres dysfonctionnements, qui caractérisent la mise en œuvre de l’Acte 3 de la décentralisation :

  • Retard de paiement des salaires des agents municipaux
  • Absence de prise en charge médicale des travailleurs municipaux
  • Refus et/ou incapacité de payer les factures des dépenses courantes (électricité, eau, téléphone), allant à contrecourant de l’arrêté préfectoral portant répartition du patrimoine de la Ville de Dakar,
  • Initiatives dangereuses de certains élus locaux consistant à faire intervenir des ONG privées ne disposant d’aucune autorisation d’exercer dans des structures publiques…

Les travailleurs municipaux de la Santé refusent de faire les frais des difficultés dans la mise en œuvre de l’Acte 3 de la décentralisation, que les élus locaux de la Ville de Dakar ont eux-mêmes constatées lors de leur Assemblée Générale du 15 juin 2015.

C’est pourquoi, nous médecins-chefs des centres de santé de Dakar, pensons qu’il faut apporter une riposte appropriée aux agissements révoltants du maire de la commune de Grand-Dakar vis-à-vis des agents du centre de santé de Grand-Dakar, qu’il continue de menacer, montrant ainsi tout le mépris qu’il nourrit à l’endroit des travailleurs de la santé de notre pays.

Par conséquent, nous exigeons :

  • Le rétablissement, sans conditions de notre confrère dans ses droits et ce dans les plus brefs délais,
  • L’étude des modalités d’annulation du redéploiement des agents municipaux de la Santé aux nouvelles communes qui est en fait une substitution d’employeur,
  • Leur réintégration à la Ville de Dakar, qui était leur seul employeur et avait acquis une expertise leur garantissant un minimum de respect des droits des travailleurs, la promptitude et la régularité de leurs salaires, sans oublier les avantages sociaux (prise en charge médicale, congés payés, colonie de vacances…),
  • L’amélioration de leurs conditions de travail et de vie, le respect des droits et libertés, la défense et la promotion de la protection sociale, la défense et le maintien des avantages acquis statutaires, conventionnels et locaux,
  • L’application de la loi n° 2011-08 du 30 mars 2011 relative au statut général des fonctionnaires des Collectivités locales.

Nous nous engageons, en plus des démarches judiciaires en cours, à prendre un certain nombre d’initiatives (rencontres avec les syndicats du Secteur, point de presse, débrayages, « journée morte » dans les structures sanitaires de Dakar…)

Nous invitons tous les professionnels de santé du Département de Dakar à un Grand Rassemblement le Mercredi 1er Juillet 2015, à 10H, au centre de santé de Grand-Dakar.

LE COLLECTIF DES MEDECINS-CHEFS DES CENTRES

DE SANTE DU DEPARTEMENT DE DAKAR

Dakar le 24 juin 2015

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