TUUS AK BAKK OU LES PRELIMINAIRES A LA LUTTE REFERENDAIRE

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Lorsque le général De Gaulle proposait son référendum en 1958, des citoyens appartenant à l’époque ou proches de l’establishment politique au cœur du pouvoir colonial, y avaient décelé des avancées démocratiques justifiant un « oui » en attendant mieux. Des patriotes majoritairement composés de jeunes l’avaient pourtant rejeté, malgré les menaces et les invectives de la puissance coloniale. Nous sommes les résultats de cette défaite historique du « non », qui a façonné nos mœurs, notre politique et nos politiques, notre histoire et même notre géographie.

Près de soixante ans après, le référendum du Gladiateur sans avoir les mêmes enjeux, n’en pose pas moins les mêmes questions : « Voulez-vous un peu plus de démocratie » ?  Parce qu’on l’admette ou non, les quatorze points et demi mis sur la table recèle des aspects positifs, des avancées démocratiques.

Le Général De Gaulle avait qualifié les partisans du « non » à son référendum de communistes et de terroristes, ayant de sombres desseins pour le royaume. Aujourd’hui ironie de l’histoire, ce sont les supposés héritiers de ce camp qui qualifient de dangereux les partisans du « non » au référendum du Gladiateur.

Comme il y a près de soixante ans, sans chercher à faire bégayer l’histoire, c’est encore la nomenklatura qui défend ou se satisfait des « nouveaux acquis » jugés démocratiques, s’opposant sur cette question à une nouvelle génération de patriotes qui en en marre des réformettes constitutionnelles et qui souhaite en finir avec ce débat pour passer à l’essentiel : le développement de Ndoumbélaan.

D’essence démocratique, le référendum devrait être perçu comme un outil de bonne gestion politique et sociale, un baromètre permettant de se faire une idée sur la manière dont les citoyens perçoivent une gouvernance et ou la manière dont ils souhaiteraient être gouvernés dans un avenir proche ou lointain. En faire un test politique pour classer les citoyens en « bon », en « bruts » et en « méchant » selon leurs réponses, relève simplement du scandale.

Si le camp du Gladiateur devrait s’offusquer des réponses qui ne lui plaisent pas, alors qu’il se garde de poser des questions aux citoyens, parce que rien ne l’y oblige. Si le Gladiateur « a les prérogatives de saisir le Conseil constitutionnel pour réduire ou non son mandat, au même titre que les populations qui saisissent la justice tous les jours que Dieu fait », il a aussi le droit de ne pas poser de questions s’il ne veut pas entendre des avis contraires à ses convictions. De toute façon, si l’envie de solliciter un second mandat lui venait en tête, Gorgoorlu ne se souviendra même pas de la durée de son premier mandat. Il lui accordera ou lui refusera sa confiance uniquement sur la base de son bilan : ses succès et ses échecs, ses capacités et ses tares. Il faut donc savoir raison garder quelle que soit l’importance des enjeux, car la violence verbale n’enfantera que de la violence verbale. Goorgorlu est d’avis que les souteneurs du Gladiateur devraient plutôt chercher à circonscrire les incendies naissants dans leurs foyers réciproques au lieu d’en créer d’autres. Parce que déjà des affrontements regrettables et sans précédent, que certains s’empressent de minimiser ou de classer parmi des querelles de positionnement se font jour au sein même des partis de la coalition du Gladiateur.

Nous pensons naïvement peut être, que les batailles de chiffonniers au sein des partis et partis alliés ne sont, ni le résultat d’une indiscipline ni d’une fracture idéologique ou générationnelle. La vérité, c’est que les parties et partis politiques sont plus habitués à discuter sereinement des questions fondamentales, des bases aux sommets avant d’adopter une position. D’ailleurs les positions des différentes formations politiques, résultant d’un centralisme démocratique ou de toute autre forme de prise de décision n’ont jamais signifié une identité de vue et en encore moins, une unanimité en leur sein. Mais même forgées dans la douleur après un processus plus ou moins long, ces positions avaient la force de mobiliser tous les militants en dehors des cercles ayant favorisé leur élaboration. En les privant du temps nécessaire à cette phase, le Gladiateur est sans aucun doute, le catalyseur premier de cette violence au sein des parties et partis alliés.

Le Général De Gaulle s’était astucieusement rapproché de ses sujets, avait consulté les états-majors, et permis le débat interne au sein des parties et partis politiques. En balançant son questionnaire dans la rue après quatre ans de réflexion personnelle, le Gladiateur a mis ses alliés devant le fait accompli en les sommant ou presque, d’aller convaincre leurs militants en empruntant des voies et moyens non classiques et ou entièrement étrangers à leurs modes de prise de décisions. Ces querelles à la Dreyfus ne pourront qu’impacter négativement sur la cohésion de tous les alliés.

Si le résultat du référendum du Gladiateur venait à être favorable à un camp au sein des parties et partis, il signera inévitablement des ruptures et ou des fragilisations de longues durée. Et pourtant, les véritables protagonistes autour de ce scrutin insensé, ne sont que des tendances libérales, au sein du camp libéral dont la victoire de l’une ou de l’autre n’aura pas d’impact significatif sur la CNRI et sur le Peuple des Assises, même si elles réussissent à enrôler en son sein ou à faire cause commune.

Pour les tendances libérales en compétition, le référendum du Gladiateur n’est ni plus ni moins qu’une répétition générale, prélude aux empoignades de 2017 et de 2019. La campagne en cours sera donc une séance de « bakk » et de « tuus », sans influence autre que les effets psychologiques et moraux sur l’adversaire. Ndoumbélaan ne se portera ni mieux, ni pire au lendemain de cette date. Tout porte à croire, à moins d’une improbable révolte d’un second couteau, un « jinngu d’un « suxxu », que les accompagnateurs bandakatts, danseurs et porteurs de « deeba deeb », s’effaceront au coup de sifflet électoral pour faire place nette à deux combattants libéraux, pour un Ndoumbélaan lamentablement échoué sur cette rive…. Peut être pour quarante ans, exauçant les prières de l’auteur des cassettes sataniques où « l’ancien spermatozoïde, futur cadavre » en avait bien pris pour son grade.

LES CHRONIQUES DE BANDIA, Mars 2015.

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