MOUVEMENT DES FORCES VIVES DE LA NATION M23: DÉCLARATION DU 23 JUIN 2016

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Jeudi 23 juin 2011- jeudi 23 juin 2016. Il y a cinq ans, la révolution citoyenne, la mobilisation populaire contre les dérives et abus du pouvoir en place, l’expression bruyante d’une aspiration à des ruptures radicales dans la gouvernance politique.

Il y a cinq ans débutait une lutte contre le troisième mandat inconstitutionnel, un combat qui, durant huit mois, a vu de nombreux sénégalais perdre leur vie,  blessés ou  handicapés, dépenser leur énergie et leurs moyens,  bref tout sacrifier pour  que rien ne soit plus comme avant.

Cinq ans après, la question est de savoir : qu’avons –nous fait de notre révolution citoyenne ? Les efforts et sacrifices consentis l’ont –ils été en vain ? Les ruptures  attendues ont-elles été opérées ? La gouvernance politique est –elle à la hauteur de nos attentes ?

C’est le moment, pour le M23, de demander, au Président de la République d’accorder, aux jeunes de Colobane, condamnés à vingt ans de prison pour un homicide qu’ils n’ont peut-être  pas commis, la grâce  à l’occasion de la fête de Korité. Une loi  d’amnistie totale  est   souhaitable.

En 2016,  cinq ans après juin 2011, l’introspection s’impose à tous, afin que l’évaluation objective de cette tranche de notre histoire permette de construire un avenir davantage maitrisé. En tout état de cause, si  la déception n’est pas unanimement éprouvée, il faut admettre  à tout le moins que  le goût d’inachevé est   largement partagé.

 –             Cinq ans après, en tant que mouvement citoyen comprenant des partis politiques, des syndicats, organisations de la société civile et personnalités indépendantes, le M23  a, tant bien que mal, assumé son devoir de critique publique, mais a cessé de peser significativement  sur la marche de la société. Les initiatives prises pour des réformes constitutionnelles consensuelles consolidantes  n’ont pas abouti  et celles portant sur la promotion du patriotisme économique viennent de subir un  coup  de Jarnac, de la part du gouvernement, avec le renouvellement prématuré et scandaleux de la concession de la SONATEL.

–              Les doléances portées pour la réparation des injustices subies par les travailleurs spoliés de leurs droits ( Transplast, SOTRAC, BCEAO, SOTIBA, SDV, SAPAL, SODEFITEX & SOTEXKA), de l’hydraulique rurale…  autant que la violation  flagrante et arrogante des règlements  en vigueur au King Fahd, à Nouvel horizon …n’ont pas eu la diligence requise de la part des nouvelles autorités qui restent sourdes aux demandes renouvelées formulées par le M23 et les acteurs concernés.

–              La crise de l’école qui semblait avoir atteint son point paroxystique en 2012  ne connait pas de cesse, en dépit de la renégociation des accords antérieurs et la signature subséquente de nouveaux accords présentés en 2014 comme réalistes et réalisables. Le non respect des engagements et le refus de payer les dettes dues  aux enseignants, suivis  de distribution de réquisitions  et de menaces de radiation , sont les signes certains de l’échec de la politique éducative en cours. Des syndicats de la santé, après ceux des collectivités locales, sont en grève réclamant le respect des accords, davantage d’équité dans la distribution des revenus pourtant reconnue comme inique par tous, mais aussi plus de transparence dans les dépenses publiques.

–              La restriction dans le recrutement des médecins, des infirmiers et des enseignants, consécutive aux chantage du FMI   qui exige aussi , entre autres,  la fin des subventions de l’électricité,  la réforme du foncier et du code du travail ,etc. sonnent comme le retour de l’ajustement structurel en raison du surendettement du pays depuis 2008.

–              La persistance des conflits et scandales autour du foncier (Ouakam, Mbane…) témoigne de la nécessité d’un audit généralisé et  surtout d’une réforme qui ne doit pas obéir aux prescriptions du FMI et aux  intérêts  des riches et des étrangers, mais aux intérêts des citoyens sénégalais moins nantis et à l’exigence de souveraineté sur nos terres.

–              La fin de l’impunité autant que l’indépendance de la justice portent à interrogation et à suspicion avec la promotion des transhumants et la libération en cascade de personnalités politico-médiatiques coupables de crimes économiques, de trafic de drogue ou de viol….

–              La gestion des ressources naturelles et la préservation du patrimoine commun  donnent lieu à une inquiétude grandissante avec l’opacité caractérisant les contrats de concession, les exonérations et le respect par les investisseurs de leurs engagements contractuels. Que dire, dans ce cadre,  de  ce qui s’est passé au port avec NECOTRANS,  sur l’autoroute à péage avec EIFFAGE et TOTAL, sur le scandale des visas  biométriques et  des nombreux marchés octroyés aux investisseurs étrangers au détriment des nationaux ?

 –             Le vote en procédure d’urgence de la loi sur l’acte3 de la décentralisation, le référendum  imposé dans des délais ne permettant ni appropriation ni consensus, la signature sans débats des APE E et le renouvellement précipité de la concession de la SONATEL sont des signes peu encourageants d’une gouvernance politique non concertée aux allures du fait accompli ou ’’matey’’.

–               Si la patrie avant le parti, la gouvernance sobre et vertueuse, l’exigence de  rupture et la réparation des injustices étaient des formulations adaptées aux aspirations populaires post 23 juin 2011,  elles  sont, maintenant  davantage perçues comme des slogans de campagne  destinées à illusionner les électeurs de la part du candidat – président M SALL ; lequel a désormais choisi de renoncer au respect de ses engagements( réduction du mandat de sept à cinq ans…) et de ranger dans les tiroirs les conclusions des concertations conduites aux frais du contribuable( Assisses sur l’Education, CNRI…)

                Autant dire que la situation politique nationale est fort préoccupante et exige la mobilisation des citoyens épris de justice et de paix, afin que, dans la stabilité et la paix civile, les changements profonds attendus depuis 2000 puissent enfin s’opérer et conduire à une prospérité partagée.

Le Bureau.

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