LE SÉNÉGAL ENTRE COLÈRE ET « CHOLÉRA » !

Dans ces périodes troubles où l’eau potable devient un luxe, où une recrudescence des maladies diarrhéiques est redoutée, une sourde colère envahit les citoyens sénégalais, qui s’estiment abusés par un pouvoir incapable de gérer correctement les affaires de la Cité et obnubilé par une victoire plus qu’incertaine à des élections, de surcroît, très mal organisées.

Drôle d’émergence !

Au-delà de mirobolantes promesses des fonctionnaires du Ministère de l’Economie et des Finances, qui annoncent fièrement une croissance économique soutenue, les Sénégalais sont confrontés à de graves pénuries d’eau, à des ruptures de stock de médicaments et produits médicaux, à la hausse des prix des denrées de première nécessité, au développement spectaculaire du grand banditisme (attaques à main armée de banques, multiplication des agressions…), à la récurrence des fraudes lors des examens, aux inondations précoces et meurtrières consécutives aux toutes premières pluies.

Devant ce tableau apocalyptique, les plus hautes autorités de notre pays parcourent le pays dans tous les sens, cherchant désespérément une tribune pour se faire valoir ou une infrastructure à inaugurer, avant le début officiel de la campagne électorale.

Le drame de Oudalaye, où au moins cinq personnes ont perdu la vie à cause de pluies diluviennes, renseigne sur l’immensité de la tâche qui attend nos décideurs si prompts à bomber le torse alors qu’ils devraient faire preuve de plus de modestie. En effet, il aura fallu deux jours au Ministre de l’Intérieur pour rallier cette localité située à seulement 50 kms de la route nationale.

Cela montre toutes les limites du fameux PUDC, dont les minimes réalisations sont montées en épingle, alors que de toute évidence, cette problématique des infrastructures en zone rurale, amorcée avec le PNIR, va devoir encore se prolonger durant plusieurs décennies.

C’est dans ce contexte d’état d’urgence, où nos concitoyens pris dans leurs préoccupations de survie quotidienne, ne trouvent pas le temps d’aller chercher leurs cartes d’identité biométriques, que le gouvernement sénégalais dirigé par le premier de ses ministres, a décidé d’entrer en campagne électorale.

Quant au Président de l’APR, il est fort occupé, à éteindre les multiples départs d’incendies occasionnés par sa liste inéquitable et déséquilibrée, où il a fait la part trop belle à des militants qui ne donnent pas l’impression d’être parmi les plus représentatifs.

Le processus électoral lui-même est déjà tronqué, rattrapé par l’amateurisme et l’entêtement du Ministre de l’Intérieur, à refuser toute approche inclusive et participative, qui a toujours constitué la marque de fabrique des concertations autour du Code électoral. Pendant que des millions de cartes électorales restent encore à être produites, celles déjà prêtes sont distribuées très parcimonieusement à des citoyens, qui doutent très fortement de la pertinence d’un scrutin présentant toutes les allures d’une ruée échevelée vers …l’or – pardon vers les avantages et les prébendes.

Cette compétition électorale se trouve davantage discréditée par l’immixtion intempestive du premier magistrat de la Nation, occupé à déstabiliser les listes concurrentes par la corruption et l’intimidation, alors même qu’il apparaît tout à fait possible qu’il soit appelé demain à jouer le rôle d’arbitre d’un Parlement, où sa Coalition ne sera plus majoritaire.

 

NIOXOR TINE

 

 

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