MAME LESS DIA, RÉVOLUTIONNAIRE PROFESSIONNEL

 

Mam LESS DIA, LE REVOLUTIONNAIRE PROFESSIONNEL

Témoignages et souvenirs d’un ancien compagnon de la lutte patriotique clandestine au Sénégal

Mamadou WADE (alias Mamadou Sy), Expert-Economiste

Mesdames, Messieurs,

C’est avec une profonde émotion et une vive nostalgie que je vais évoquer ici, l’itinéraire de révolutionnaire professionnel de mon grand ami et frère feu Mam Less Dia.

Plus précisément, je vais retracer quelques péripéties marquantes de la lutte patriotique clandestine à laquelle, nous avons, tous les deux participé activement, au début des années 1960, pour la libération de notre pays.

Les objectifs principaux de cette lutte, réellement amorcée depuis 1957, avec la création du Parti Africain de l’Indépendance était de libérer le Sénégal du joug colonial, de le développer, et de favoriser l’émergence et l’unité d’une société sénégalaise d’avant-garde.

Comme tous nos contemporains le savent plus ou moins, cette lutte que l’on peut qualifier d’historique, a valu à ses acteurs les répressions les plus sauvages conduites par des autorités sénégalaises supervisées et encadrées par la police et l’armée française. Tout ceci avec l’aval du Général de Gaulle, le libérateur de la France qui, étrangement s’offusquait avec hargne de la volonté d’anciennes colonies françaises de conquérir leur indépendance nationale.

Il nous faut d’abord parler de l’homme Mam Less Dia avant de poursuivre plus loin. Parmi les grandes qualités de notre regretté ami et camarade rappelé à Dieu le 16 Octobre 1997, il conviendrait de citer, en premier lieu, la simplicité de sa vie de tous les jours, son amour sincère du peuple et son esprit ultra démocratique. Il faudrait ajouter à ces traits de caractère le fait que le fondateur du célèbre journal « le Politicien » ne se trouvait réellement à l’aise qui avec les gens ordinaires, les infortunés et les gens du peuple.

Mam Less Dia a, certes, eu à fréquenter « les grands de ce monde » mais son cœur vibrait plutôt pour les masses populaires, pour les « petits de ce monde ».

Son itinéraire de combattant patriotique et révolutionnaire, toujours resté égal à lui-même, explique en grande partie tous ces traits de caractère. Des traits qui participaient entièrement, ce que nous appelions « la ligne des masses ». Une ligne que nous suivions à l’époque inoubliable où Mam Less Dia, d’autres proches camarades et moi-même formions un noyau dur de révolutionnaires professionnels. Des révolutionnaires préoccupés uniquement de l’instauration au Sénégal d’une démocratie populaire.

Au sein des gens simples, Mam Less « nageait comme un poisson dans l’eau » selon les mots de Mao-Tsé Doung, tant il était entêté de la cause du peuple. Tout cela a fait de lui un héros des laissés pour compte, des « damnés de la terre » du Sénégal.

Souvenirs d’une guérilla avortée

Mam Less Dia était un pur produit de la lutte patriotique au Sénégal. Il a grandi dans cette lutte et en a été un acteur émérite.

Nous nous sommes connus au début des années 1960 alors qu’il était étudiant en journalisme et sciences politiques à l’université Karl Marx de Leipzig, dans l’ex. Allemagne de l’Est.

Parmi les plus anciennes universités d’Allemagne. L’université de Leipzig a eu a accueillir plusieurs étudiants devenus célèbres par la suite. On peut citer : Ernst Bloch (physicien), August Hausen (mathématicien, physicien et astronome), Ludurg Hertz (physicien), Wolfgang von Goeth (homme de lettres), Wilhelm Leibniz (philosophe), Karl Liebkmecht (philosophe et homme politique), Fridrich Nietzzsche (philosophe), Novalis (écrivain), Richard Wagner (musicien), Angela Merkel (physicienne et actuelle chancelière de la République fédérale d’Allemagne).

Avant d’aller en Allemagne, il avait fait les prisons senghoriennes, suite à son militantisme révolutionnaire au sein du Parti Africain de l’Indépendance.

Plus tard toujours dans les années 1960, Mam Less et moi reçûmes une formation en vue d’une lutte de guérilla projetée au Sénégal par le PAI. Nous étions tous les deux des commandants et commissaires politiques avec des noms de guerre respectifs Ibrahima Sanogo pour Mam Less et Mamadou Sy pour moi.

Nous avions d’autres compagnons dont les « commandants » Filly Diallo qui a succombé dans la forêt de Niokolo Koba, Bara Goudiaby pris les armes à la main en Casamance, Max Madère Samb, Sadio Camara (Commandant Alphonse), le commandant Alla Kane spécialiste de la guérilla urbaine, le commandant Madické Wade et d’autres 30 personnes au tous formées à Cuba dans les conditions de préparation des guérilleros de la Sierra Maestra.

Il y’avait aussi d’autres camarades comme Séno Dieng, Charles Abdoulaye Guissé, Chérif Ndour, Wahab Diène, Abdourahmane Dia, Abdoul Aziz Diagne, Marianne d’Erneville, la grande Mère Courage, et d’autres patriotes issus des différentes parties du Sénégal. A ces camarades s’ajoutaient des militants restés au Sénégal comme Charles Guèye, Omar N’Diaye, Bocar Guissé.

Nous dormions tous sur des nattes quelque par à Bamako, alors que s’élaboraient la stratégie d’organisations et de déclenchement d’une lutte armée révolutionnaire pour libérer le Sénégal du néo-colonialisme.

Après l’expérience malheureuse d’implantation d’une guérilla armée au Sénégal plusieurs camarades et amis de Mam Less et de moi-même se détachèrent du PAI pour former le Parti communiste du Sénégal. Il s’agit du sociologue Samba N’Diaye, de Hady NDir, Wahab Diène, Ousmane Dramé pour ne citer que ceux-là.

Ils reçurent par la suite, une autre formation à l’Académie militaire de Nankin en Chine. Ils préparèrent ensuite un projet sans lendemain d’organisation d’une autre guérilla inspirée des méthodes chinoises d’encerclement des villes à partir des campagnes.

Il est peut-être indiqué de rappeler aux jeunes générations le souvenir de toutes ces étapes de la lutte patriotique dans notre pays, après l’indépendance en 1960. Une indépendance que nous considérions comme un leurre, une fiction devant occulter les réalités d’un régime totalement néocolonial.

Les médias aidant, pour la plupart sous-informés, ces jeunes générations ne connaissent, généralement, que les luttes de Mai 1968 et leur leaders. Ces derniers, à quelques exceptions, ont été des « révolutionnaires de salon » à la différence de Mam Less Dia et des compagnons précités. Il s’agissait de révolutionnaires endurcis et conséquents prêts à donner leur vie pour la cause nationale et qui l’ont prouvé à de nombreuses occasions.

Pour revenir à la guérilla du PAI, il faut reconnaître que beaucoup d’erreurs ont été commises dans les préparatifs, le déclenchement et l’implantation du maquis. Et elles ont conduit à la débacle de la guérilla.

Dans le cadre de cette implantation différentes colonnes de militants avaient été dispersées aux quatre coins du Sénégal, y compris à Dakar en prévision de la guérilla urbaine.

Leurs tâches préliminaires principales étaient d’étudier et de préparer sur le terrain les conditions sociales politiques, matérielles et militaires d’organisation et de réalisation d’une lutte armée contre le pouvoir néocolonial en place.

Cette lutte devait être animée et encadrée par des militants formés et entrainés dans les pays de l’Est, et à Cuba où Che Guévara supervisait différents projets de guérilla anti-impérialistes.

Au Sénégal oriental, en Casamance et au Niombatto les erreurs commises découlaient en partie, d’une certaine improvisation dans la ventilation géographique des futurs guérilleros. Il y avait dans les groupes des camarades citadins qui, auparavant, ne connaissaient d’autres horizons que les rues et immeubles de leur ville. Ils ont été « jetés » dans des contrées rurales éloignées et totalement inconnues d’eux.

La seule vue de ces camarades ainsi que l’observation discrète de leurs agissements conduisaient les populations à comprendre que de louches intrus préparaient quelque chose dans leur terroir. Pourtant les militants-maquisards s’efforçaient de maquiller leurs agissements autant que possible, en se déguisant qui en berger, qui en paysans, en colporteur, charbonnier, chasseur, pêcheur, ou bûcheron.

Mais les populations rencontrées au hasard des déplacements étaient méfiants et montraient parfois de l’hostilité. Le principe du révolutionnaire en communion avec le peuple et « nageant comme un poisson dans l’eau » ne pouvait point être appliqué dans cette situation de méfiance et de suspicion réciproques.

Les détachements d’avant-garde ventilés dans les campagnes ne pouvaient s’attendre, dans ces conditions, qu’à l’impossibilité objective de mobiliser les paysans et couches défavorisées des localités traversées. Qu’il s’agisse de la mobilisation par l’agitation orale qu’au moyen de la propagande par l’action armée. Une telle action armée supposant , comme préalable , et en vue d’une résonnance populaire, l’adhésion ou tout au moins le soutien partiel des populations localisées dans les théâtres d’opérations .

L’absence de cette adhésion et la méfiance avaient frayé la voie aux dénonciations volontaires ou involontaires sous forme de commérages indiscrets colportés aux autorités locales représentant le pouvoir central. De tels commérages faisaient état de présence des guérilleros avant même leur implantation réelle.

A ces « dénonciations » opérées par des villageois sincèrement troublés par les agissements compréhensibles d’ « étrangers » aux allures de comploteurs et de bandits de grands chemins s’ajoutaient les conséquences d’autres facteurs et incidents fâcheux. Parmi ces derniers, il faut citer la défection ou les imprudences, de même que l’affolement ou le malaise de quelques maquisards dépositaires de secrets importants.

Cette situation découlait du fait que, sans être des traitres à la cause, ces militants n’étaient pas suffisamment préparés psychologiquement et mentalement aux actions martiales réelles. Ou bien ils se trouvaient tiraillés par le sentiment qu’ils avaient été plongés dans une aventure terrible dont ils ne maîtrisaient ni les tenants ni les aboutissants.

Toute cette conjonction de circonstance et d’incidents négatifs n’avait pas été prise en compte, de façon prévisionnelle. Car les appréciations qui avaient conduit les instances dirigeantes du PAI à croire que la situation au Sénégal étaient révolutionnaire, relevaient d’une vision bureaucratique, fantaisiste et utopique du cours des choses, de la réalité et des rapports de forces dans le pays.

Les appréciations en question procédaient enfin d’une surestimation de la détermination des masses populaires sénégalais à « ne plus vive comme avant », ainsi que celles des ressources tactiques et stratégiques du mouvement révolutionnaire. En un mot, il manquait l’adéquation des facteurs subjectifs aux facteurs objectifs. Une adéquation nécessaire pour entraîner, avec succès, les masses populaires dans le processus d’une révolution nationale conforme à celle visée par le PAI.

On ne pouvait pas également s’attendre à des résultats tangibles avec la voie révolutionnaire dit « du focus ». C’est-à-dire de la fermentation révolutionnaire propagée par un noyau dynamique à partir de foyers propices aux offensives armées.

Cette voie avait été efficace avec les héros de la Sierra Maestra dirigés par Fidel Castro, Che Guevara et Camilo Cienfuegos. Elle a été expérimentée, par la suite, par Turcio Lima au Guatemala, Douglas Bravo au Vénézuala, Hugo Blaneo au Pérou et Che Guevara en Bolivie. Mais elle n’avait pas rencontré le même succès à cause de l’évolution des techniques de lutte anti-guérilla. Che Guevara a précisément été victime de cette évolution.

Au demeurant, et en ce qui concerne le cas du Sénégal, pour envisager cette voie du « focus », encore fallait-il que le PAI disposât de noyaux de militants aguerris, intrépides et rompus aux pratiques de la lutte armée de guérilla. Ce qui n’était pas le cas.

S’engager, par conséquent, dans cette voie, en l’absence des conditions évoquées, revenait à opter pour l’improvisation, l’aventurisme, l’amateurisme et la spontanéité sans bases objectives susceptibles de favoriser l’ancrage et le développement des facteurs subjectifs de la lutte.

Répressions par le régime néocolonial

La plupart des militants engagés dans le projet de lutte armée étaient de jeunes révolutionnaires déterminés et courageux. Ils avaient abandonnés famille, statut social parfois privilégié, travail, écoles et mondanités, pour « changer les choses » au Sénégal.

Profondément gagnés par le romantisme révolutionnaire, nous rêvions que la fin du néocolonialisme était pour demain. Malgré les erreurs qui entachèrent cette étape de la lutte révolutionnaires au Sénégal, la majorité des protagonistes dont feu Mam Less Dia et moi-même, considérait cette période comme la plus généreuse et la plus exaltante de leur jeunesse.

Les idéaux des protagonistes concernés étaient nobles et désintéressés. Leurs actions téméraires visaient au réveil du peuple sénégalais et à son engagement dans une révolution populaire, et à son émancipation politique, sociale et économique.

Prises d’abord de court par les colonnes de guérilleros du PAI qu’elles ont toujours sous-estimées, les autorités sénégalaises de l’époque ne tardèrent guère à se ressaisir et à lancer une contre-offensive généralisée. Il s’en est suivi un vaste ratissage à l’échelle nationale.

Dans les villes, les militants révolutionnaires déjà plus ou moins fichés par la police étaient pourchassés jusqu’à leurs derniers retranchements.

Dans les forêts du Niokolo-Koba, de la Casamance et du Sine-Saloum, les forces armées gouvernementales appuyées par l’armée française avaient mis en branle les dispositifs militaires nécessaires. Il s’agissait pour elles d’encercler et de prendre dans leur filet les avant-gardes politiques et militaires chargés de préparer le déclenchement de la guérilla.

Ce fut, par la suite, la répression la plus dure qu’ait jamais organisée le pouvoir en place, à l’encontre du mouvement patriotique et révolutionnaire sénégalais.

Dans les centres urbains beaucoup de militants se retrouvèrent dans les serres des forces répressives. Certains ont sauvagement été torturés, au point de subir des séquelles jusqu’à leur mort.

Au niveau des zones rurales où les possibilités de se mouvoir étaient plus étendues plusieurs militants constituant les colonnes d’avant-garde, s’égayèrent dans la nature pour aller vivre sous d’autres cieux. Certains rejoignirent d’autres guérillas en Afrique. Tous ces compagnons ont pu éviter de lourdes peines de prison, précédées des sévices inhumains qui frappèrent leurs camarades moins chanceux.

Pour échapper à l’encerclement Mam Less Dia s’était déguisé en bûcheron et fabricant de charbons de bois. Il eut à vendre, quelque temps, du bois mort dans les environs de Tambacounda. Ensuite il vécut dans la clandestinité avec le groupe d’amis qui partirent, plus tard, se former à l’académie militaire de Nankin.

De mon côté, avec le nom de Mamadou Sy et un faux-passeport malien j’avais pu déjouer le contrôle des forces répressives et policières, revenir à Bamako avec un autre ami Chérif NDour, et ensuite aller poursuivre mes études supérieures à Moscou.

Feu Chérif NDour notre ami commun avec Mame Less Dia, avec qui il avait fait la prison à Dakar, mérite une mention spéciale. Il était parmi les militants les plus téméraires du PAI. Révolutionnaire pur et dur, il s’était endurci lorsqu’il avait été membre des jeunesses communistes en Egypte.

C’est dans ce pays, que, fils d’une famille maraboutique sénégalaise il fit ses études primaires, puis secondaires à l’Université Al Azhar. Avant de revenir au Sénégal ne parlant que l’arabe et l’anglais et un wololf approximatif, il avait passé deux années dans les geôles égyptiennes, sous le régime de Nasser. Cherif NDour était un spécialiste des actions d’éclat et de commandos.

Dans cet exposé, il y a beaucoup de militants émérites que je n’ai pas pu mentionner, faute de connaître leurs noms véritables, et du fait que dans la situation de clandestinité nous portions tous des noms d’emprunt et cachions nos origines géographiques sénégalaises.

Mam Less Dia, un héros multidimensionnel

Mesdames et Messieurs,

J’ai retracé, autant que possible, les circonstances et péripéties du passé indéniablement révolutionnaire et patriotique de feu Mam Less Dia. Il s’agit d’un passé commun et dans lequel ont pris racine notre amitié et notre complicité, vieille de plus de trente ans, à son départ de ce monde.

Cette complicité de bon aloi s’était renforcée lorsque, de retour au Sénégal, j’ai décidé de lui apporter mon appui dans ses initiatives visant à créer et développer une presse libre, indépendante et satirique dans notre pays.

A travers « Le Politicien » dont j’ai été Directeur des Rédactions pendant de nombreuses années, nous avons mené de rudes batailles contre l’obscurité, la duplicité et pour l’avènement de la transparence et de la démocratie au Sénégal. J’ai accompagné également Mam Less comme rédacteur chargé des questions économiques du magazine « Voix d’Afrique » à Abidjan.

Nous avions compris que le système capitaliste est profondément injuste, mais que le Sénégal n’était pas encore prêt à adopter le communiste à cause de l’absence criarde de la fameuse conscience de classe au niveau des populations.

Forts de cette compréhension, nous avions tous les deux, estimé que les solutions aux problèmes du Sénégal et de l’Afrique doivent venir de nous-mêmes. Elles doivent aussi être portées par des patriotes uniquement préoccupés des intérêts populaires. Toutes choses qu’incarnait Mam Less Dia.

Artisan indiscutable de l’avènement de la démocratie au Sénégal, feu Mam Less Dia reste assurément un héros positif et attractif. Sous des dehors jusqu’auboutiste, il cachait, en réalité un cœur d’or et une grande noblesse d’âme décelables par tous ses proches. Il tenait, à la fois, d’André Malraux, de Maxime Gorki, de Bertolt Brecht et de Kotche Barma. Nous étions en adéquation avec Brecht et particulièrement avec ces mots de l’auteur allemand : « Qui a construit Thèbes aux sept portes ? Les livres disent que c’étaient les rois. Etaient-ce les rois qui portaient les blocs de pierre ? » (Wer baute das siebentorige Theben ?/In den Büchern stehen die Namen von Königen./Haben die Könige die Felsbrocken herbeigeschleppt ? »

La brave épouse de Mam Less Elizabeth à la patience sans bornes, et ses enfants qui se distinguent par leur éducation exemplaire, ont vraiment de quoi être fiers de leurs mari et père. Je vous remercie de votre attention et de l’intérêt porté à notre regretté ami.

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