INVITES

Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur le Président Macky SALL

Mr Aladji Ibrahima Sow, qui se définit lui-même comme un vieil animateur du développement communautaire, après avoir voté pour le président Sall, le félicite et attire son attention sur les dysfonctionnements de deux des programmes prioritaires que sont la CMU et les bourses de sécurité familiale. Ensuite, il fait état d’autres exigences, parmi lesquelles, la nécessité d’apaiser le climat politique, d’assainir la gestion des services et deniers et de prêter une oreille attentive aux demandes citoyennes.

Excellence Monsieur le Président 

Permettez d’abord que je vous adresse mes chaleureuses félicitations suite à votre brillante réélection à la tête de notre république. Votre victoire est d’autant plus nette que vos adversaires se sont abstenus de tout recours devant les institutions habilitées, malgré les récriminations criées à haute voix, mais apparemment sans fondement sérieux.

Je rends grâce à Allah qui m’a prêté vie jusqu’au 24 février dernier, me permettant ainsi de voter Macky SALL, tel que j’en prenais l’engagement dans ma lettre qui n’était pas ouverte celle-là, en date du 04 mars 2018. Les trois raisons de mon choix en votre faveur étaient les suivantes :

  1. mon parti était dans la coalition BBY, et n’envisageait pas à l’époque d’en sortir ;
  2. il m’était difficile d’ignorer les acquis du PUDC en termes de désenclavement, d’électrification et d’approvisionnement en eau, de contrées que j’ai connues dans le passé, et que j’ai eu à parcourir entre 2015 et 2017, d’Est en Ouest, et du Nord au Sud du pays ;
  3. quelles que fussent mes réserves par rapport à la CMU et aux BSF, ce que je savais du terrain, en tant qu’agent de développement à la base depuis une cinquantaine d’années, m’interdisait de fermer les yeux sur les bienfaits de ces programmes. 

Voilà que mon choix semble avoir été celui d’une large majorité de sénégalais, et vous êtes aujourd’hui réélu pour un second mandat, en ayant été quasiment plébiscité en zone rurale, là où l’impact des programmes en question a été plus ressenti. Je suis donc à l’aise pour jubiler avec tous les compatriotes qui ont soutenu vos projets et contribué à votre victoire, en définitive la victoire du Sénégal, surtout que le déluge que certains craignaient n’a pas eu lieu.   

Cependant Excellence, un an jour pour jour après ma missive ci-dessus mentionnée, j’ai cru devoir initier la présente, aux fins d’exprimer mes regrets, que les réserves que j’y formulais m’angoissent encore aujourd’hui, des signes qui les effaceraient ne m’étant pas bien perceptibles. J’ose espérer que cela ne soit que du fait de ma sous-information. Si ce n’est pas le cas, permettez-moi, Excellence, de soumette à votre appréciation les idées ci-après, sans avoir à revenir dans les détails :  

  • Il est de la plus haute importance que la solvabilité plus ou moins bien assise des mutuelles de santé ne soit pas érodée par une faiblesse de ressources ; dès lors l’Etat devrait libérer à temps les fonds promis au titre des cotisations des bénéficiaires de BSF et des adhésions des ruraux ;
  • Il se dit à propos des BSF, que des ayant-droit seraient écartés en faveur de bien plus nantis. De tels cas, d’exceptionnels au début, tendraient malheureusement à se multiplier. Un contrôle serré  semble donc plus que nécessaire afin que des attributaires irréguliers soient sans délai extirpés des effectifs, au profit des véritables cibles du programme. 

Excellence, des instructions fermes aux ministres et directeurs nationaux et d’agences concernés pour l’application rapide des indispensables correctifs, contribueraient grandement à un excellent début de votre mandat. 

Ce sont là Excellence, des soucis spécifiques d’un vieil animateur du développement communautaire, mais qui n’en occulte pas pour autant d’autres exigences plus générales, parmi lesquelles : 

  • les efforts ô combien utiles, qu’il vous faudra consentir afin d’apaiser le champ politique par votre main tendue vers tous les sénégalais de tous bords ;
  • les mesures hardies susceptibles de fâcher d’aucuns, mais que vous devrez prendre dans le sens de combattre le laxisme ambiant et d’assainir la gestion des services et deniers, en préférant, pourquoi pas, des directions nationales renforcées en responsabilité et moyens, à des agences budgétivores et pas nécessairement plus aptes ;
  • le suivi que vous devrez rendre plus régulier, de l’élaboration et de l’application de réponses adéquates aux interpellations pertinentes de « wax-sa-xalaateurs » à la base, pour la plupart dignes d’être écoutés et entendus comme porte-paroles dévoués de leur communauté, qu’ils soient de notre bord ou du bord opposé.

Veuillez croire, Excellence Monsieur le Président, à l’expression de mes sentiments respectueux et dévoués.  

THIES, le 04 mars 2019

Aladji Ibrahima SOW, Animateur de développement, THIES

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