Coalition Santé

LUTTE CONTRE LE COVID-19: LA COSAS POUR UNE IMPLICATION DES COMMUNAUTÉS

Conformément, à l’objectif consigné dans l’article 2 de ses statuts, qui l’exhorte à engager et mener des réflexions, des études et des échanges sur les questions de santé, le bureau de la COSAS a procédé, lors de sa réunion du mercredi 22 avril 2020, à  un bilan d’étape de la gestion de la pandémie au COVID qui sévit dans notre pays depuis le 02 mars dernier. 

Les constats suivants ont été faits :

  • l’allure inquiétante prise par la pandémie au COVID-19 avec une prolifération accentuée  des cas dits communautaires,
  • l’augmentation sensible du nombre de tests réalisés par jour, 
  • la faible létalité notée jusqu’à présent, dans la prise en charge thérapeutique des cas, 
  • la négligence dont les pathologies non-COVID font l’objet en cette période de panique,
  • une communication dominée par la diffusion de messages-clé, devenus familiers au public, 
  • l’acquisition de matériel et d’équipements de protection par le Ministère de la santé, 
  • le regain de créativité et le dynamisme de chercheurs africains, qui déclarent détenir des remèdes contre le COVID-19,
  • la défiance  dont font souvent l’objet les pharmacopées et savoirs traditionnels africains.

Devant cet état des lieux, la COSAS fait les propositions suivantes :

  • Privilégier une approche « bottom-up » et instaurer des relations de confiance entre les citoyens, les élites et l’État central,
  • Assurer une plus grande implication des acteurs communautaires, 
  • Constituer des groupes de riposte communautaire en tablant sur la diversité des acteurs communautaires (CDS, élus locaux, relais communautaires, badjenu gox…,C.V.A.C.i),
  • Adopter une stratégie de dépistage plus active, sur la base de la cartographie des cas communautaires, en privilégiant les zones les plus atteintes,
  • Promouvoir une collaboration avec les sociétés savantes du milieu médical universitaire, 
  • Élaborer et  valider des fiches techniques pour tous les échelons du système de soins,
  • Redoubler d’efforts au plan de l’équipement et pour les aspects ayant trait à l’organisation, aux procédures et aux  parcours de soins (à différencier pour usagers COVID ET NON COVID)
  • Prendre en charge les patients âgés, présentant des comorbidités (diabète ou autres maladies non transmissibles) dans les hôpitaux de troisième niveau, disposant d’un plateau technique adapté,
  • Traiter les cas simples, dans une approche de plus en plus décentralisée, avec l’implication des acteurs des niveaux opérationnel et communautaire, 
  • Adapter les messages de prévention en évitant d’apeurer ou de culpabiliser les citoyens,
  • Assurer la disponibilité des équipements de protection, en prenant en compte toutes les structures sanitaires et  toutes les catégories de personnels,
  • Organiser des formations en ligne sur les équipements de protection, ayant un contenu normé et standardisé,
  • Inciter l’Union Africaine à accompagner les chercheurs africains. 
  • Promouvoir une collaboration plus étroite entre chercheurs africains, dans le cadre de recherches multicentriques

Pour des raisons éthiques, la COSAS refuse d’envisager l’option de laisser le coronavirus circuler librement, ce qui pourrait mettre en danger la vie de de tous mais plus particulièrement celle des sujets vulnérables, soit en raison de leur âge avancé et/ou à cause des comorbidités qu’ils pourraient présenter.

En vue de protéger les populations contre la maladie, il faudra poursuivre l’application des gestes-barrières, dont principalement, le lavage des mains et le port de masques. Ceci afin de ralentir la progression de la pandémie et d’atténuer ses répercussions gravissimes dans la sphère socio-économique, en cherchant à éviter d’en arriver à des mesures drastiques (confinement généralisé, confinements partiels, restrictions de déplacements à différents niveaux…).

LE BUREAU

Dakar, le 02 mai 2020