COVID-19

COVID-19: REPRENDRE L’AFFAIRE PAR LE BON BOUT !

L’allocution du Chef de l’État du 11 mai dernier, consacrant le constat d’échec de deux mois de management erratique et directif, montre que, de toute évidence, les autorités politiques et les professionnels de santé ne pourront pas, à eux seuls, venir à bout de cette pandémie au COVID-19, même si leur contribution est indispensable.

Pourtant, tout semblait bien parti dans notre pays, où les autorités politiques avaient réussi le plus difficile, dès le début de la pandémie, à savoir regrouper toutes les forces vives de la Nation autour de la nécessité de lutter contre cette pandémie monstrueuse. Malheureusement, et malgré les performances des acteurs de la Santé et de l’Action sociale, le président de la république a fini par dilapider le capital confiance dont il jouissait, au départ, pour au moins trois raisons. 

Il y a d’abord un déficit notoire de transparence dans la gestion de la pandémie, sous couvert de loi d’habilitation, qui traduit cette incapacité congénitale à se conformer aux principes d’une gouvernance vertueuse. Ensuite, les autorités ont usé et abusé de méthodes coercitives, même là où elles ne se justifiaient pas, donnant lieu parfois, à des cas manifestes d’abus de pouvoir face à des citoyens, dont le gagne-pain quotidien était menacé.  

Mais plus grave, les mauvaises habitudes de gestion solitaire, ayant conduit le président à concentrer tous les pouvoirs entre ses mains, ont empêché des négociations fructueuses avec les différents groupes socio-professionnels voire l’adoption d’un plan d’action concerté contre le COVID-19. 

Au-delà des railleries journalistiques et de la déception populaire, il faut éviter de baisser les bras et de laisser le champ libre au virus meurtrier. 

Ce que nous enseigne, en premier, la reculade retentissante du pouvoir, est la nécessité d’un large front anti-COVID-19 et l’exigence de responsabilisation des citoyens et des communautés.

C’est ce que semblent avoir compris certains dignitaires religieux, qui ont décliné l’option d’ouverture des mosquées qui leur était offerte, estimant que la pandémie était loin d’être maîtrisée. 

Quant à l’Opposition politique et à la société civile, elles doivent comprendre que leur responsabilité va au-delà des dénonciations ou des diatribes. Il ne peut y avoir de tâche politique plus urgente, que celle de bouter le coronavirus hors de notre pays, ce qui ne peut constituer que le point de départ de la nouvelle ère post-COVID-19.

Les forces vives de la Nation, après avoir évalué, de manière objective, la gestion de la pandémie, qui comporte, malgré tout, certains aspects positifs, doivent élaborer un mémorandum, où devront être consignées des propositions pertinentes pour une lutte plus efficace contre le COVID-19.

Un autre aspect fondamental est la promotion de l’engagement communautaire, aussi bien dans les villes qu’en zone rurale pour ralentir voire stopper la propagation du virus.

Les maires et présidents de collectivités locales peuvent y apporter une contribution décisive, à condition de rompre d’avec leur approche politicienne voire électoraliste -si ce n’est définitivement-, tout au moins, pendant la durée du combat contre cette pandémie mortelle.

Mais le socle de l’implication des communautés devra être constitué par des groupes de riposte communautaire composés de personnes-ressources volontaires et engagées. 

Leur cahier de charges sera de sensibiliser sur les gestes-barrières, de protéger les couches vulnérables, particulièrement les personnes âgées, d’aider au confinement domiciliaire / communautaire des porteurs sains et cas-contacts, d’appuyer les familles endeuillées et même d’assurer la prise en charge des cas simples… 

Apprendre à vivre avec le COVID-19 ou mieux l’apprivoiser suppose d’intégrer la lutte contre la pandémie dans l’agenda des communautés de notre pays, sous une double supervision administrative et technique.

NIOXOR TINE

leelamine@nioxor.com