Coalition Santé

SYNTHÈSE DES PANELS DE LA COSAS

PANELS ET CONFÉRENCESDATE
Panel sur la médecine traditionnelleMercredi 13 septembre 2017
Panel sur l’évaluation d’impactSamedi 28 octobre 2017
Panel sur l’hôpital publicMercredi 07 février 2018
Panel sur la couverture sanitaire universelleMercredi 21 mars 2018
Panel sur l’approvisionnement en médicamentsMercredi 06 février 2019
Panel sur la politique de santéMercredi 04 septembre 2019
Conférence sur l’éthique médicale et la relation de soinsMercredi 15 janvier 2020

RECOMMANDATIONS SUR L’ÉVALUATION D’IMPACT

D’importantes ressources financières sont investies dans les programmes de santé. Il existe très peu de preuves scientifiques pour attribuer les résultats aux différentes interventions des programmes. Seul un nombre infime de programmes ont intégré l’évaluation d’impact, outil pour la gestion axée sur les résultats. 

Dans un contexte de rareté des ressources et de compétition nationale et internationale exacerbée pour y accéder, la COSAS recommande le recours raisonné à l’évaluation d’impact (E.I.). Pour cela les actions suivantes doivent être menées :

  •  L’intégration de l’évaluation d’impact dans les curricula de formation des écoles de formation de base.
  •  Le renforcement de capacité agents des programmes de santé sur l’EI.
  •  L’intégration de l’EI dans les plans de suivi évaluation des programmes.
  •  L’utilisation des données de routine (amélioration de la qualité et de la complétude) pour réaliser l’EI (contribue à la réduction des coûts)
  •  Partage des résultats de l’EI sur la plateforme RSS

https://galsenspring.com/2017/10/11/la-cosas-organise-un-panel-sur-levaluation-dimpact/

RECOMMANDATIONS SUR LA COUVERTURE SANITAIRE UNIVERSELLE

La couverture sanitaire universelle occupe une place primordiale dans le cadre de l’agenda de l’Organisation Mondiale de la Santé et constitue un facteur reconnu de croissance économique. Cet état de fait a permis un engagement accru des Chefs d’État en sa faveur et facilité le plaidoyer en faveur d’un financement adéquat de la Santé. Néanmoins, le culte du résultat immédiat et l’empressement à engranger des gains politiques ont eu des effets pervers sur l’implémentation et la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle.

La COSAS a retenu les recommandations suivantes :

  1. Organiser des réflexions sur les orientations stratégiques de la protection sociale au Sénégal, en identifiant des stratégies pertinentes, basées sur les évidences, pour que la CSU soit mieux adaptée à nos réalités nationales. 
  2. Promouvoir un financement alternatif (impôts, taxes), au vu des limites objectives des systèmes d’assurance volontaire, 
  3. Renforcer la coordination multisectorielle, entre les différents Ministères, en vue de réduire les risques, qui affectent la Santé (approche holistique).
  4. Pour améliorer l’offre de soins et tenir compte des enjeux de la qualité des soins, mettre aux normes les structures socio-sanitaires et se conformer aux paquets de soins définis par niveau.
  5. Valoriser le capital humain par l’implication effective des professionnels de santé et des communautés dans la mise en œuvre et l’évaluation de la CSU.
  6. Réduire les risques financiers encourus par les usagers :
  7. En épongeant les dettes dues aux structures sanitaires et aux mutuelles,
  8. En respectant l’engagement d’ABUJA (15% des dépenses publiques)
  9. En articulant la CSU avec la stratégie de financement de la santé,
  10. En intégrant tous les financements destinés à la santé dans un panier commun,
  11. Par un meilleur ciblage des bénéficiaires des politiques de gratuité
  12. Par la mise en place d’un mécanisme de Réassurance par un Fonds de Garantie ainsi que le recommande l’UEMOA.

https://galsenspring.com/2018/03/15/panel-sur-la-couverture-sanitaire-universelle-communique-de-presse/

https://galsenspring.com/2018/04/01/videos-et-presentations-du-panel-de-la-cosas-sur-la-couverture-maladie-universelle/

RECOMMANDATIONS SUR L’HÔPITAL PUBLIC

  1. Redéfinir le rôle et la place des hôpitaux au sein de la pyramide sanitaire, en en faisant une locomotive en cohérence avec le reste de la pyramide
  2. Promouvoir le respect de la pyramide sanitaire dans la recherche de soins
  3. Réactualiser les textes réglementant l’exercice privé de la médecine à l’hôpital et veiller à leur application
  4. Diligenter l’application sans délai du décret portant statut des personnels des EPS
  5. Redéfinir les paquets de soins  en valorisant ceux jugés « peu rentables » (éducation thérapeutique, soutien psychologique, soins palliatifs …),
  6. Conférer aux structures hospitalières leur triple mission au service de la Santé publique : 
  7. de soins et de prévention (de pointe, référence, contre-référence, liaison plus étroite avec la politique de soins au niveau des districts…)
  8. de recherche (adaptée aux besoins de la localité, du pays…) et 
  9. de formation (de base, continue, participation à l’évaluation des pratiques professionnelles….)
  10. Octroyer des subventions suffisantes avec des critères pertinents d’allocation,
  11. Instaurer une tarification adaptée
  12. Développer une politique nationale de maintenance
  13. Définir une politique d’équipement par niveau au sein de la pyramide
  14. Avoir un Centre National de Référence (entretien, réparation, formation des spécialistes en maintenance …)
  15. Élaborer un code des marchés mieux adapté à la santé et assurer la formation des autorités contractantes
  16. Humaniser l’hôpital :
  17. Accueil: formation de base, formation continue, évaluation par les usagers
  18. Améliorer le cadre, l’architecture des bâtiments 
  19. Aller vers la suppression des salles communes (toilettes, lits ….)
  20. Créer des espaces de convivialité : lecture, télé, wifi, espaces ludiques
  21. Améliorer la gouvernance des hôpitaux en revoyant:
  22. La composition du conseil d’administration, qui doit davantage refléter les réalités de l’hôpital
  23. Une approche inclusive (cogestion) centrée sur la qualité des soins et non sur la seule  logique « gestionnaire »
  24. des soignants impliqués dans l’élaboration des orientations stratégiques
  25. une promotion interne par une formation adaptée aux besoins
  26. un recrutement transparent (fondé sur les besoins, appel à candidature…)
  27. une maîtrise de la charge salariale et des effectifs
  28. une externalisation pour éviter des recrutements moins prioritaires (gardiennage, cuisine, nettoiement…)
  29. la réduction des dépenses inutiles (optimiser l’utilisation des deniers)

https://galsenspring.com/2018/03/19/videos-du-panel-de-la-cosas-sur-lhopital-public/

RECOMMANDATIONS SUR LA MÉDECINE TRADITIONNELLE

Le Sénégal , bien que signataire de toutes les résolutions sur la médecine traditionnelle , est confronté à de nombreux défis notamment la mise en place d’un cadre juridique pour l’exercice et la pratique de la médecine traditionnelle. Les recommandations suivantes ont été faites :

  • Remédier à la faiblesse de la collaboration entre praticiens de la médecine conventionnelle et praticiens de la médecine traditionnelle, 
  • Mettre un terme à la publicité tapageuse et trompeuse, la prolifération du charlatanisme, 
  • Mieux documenter les bonnes pratiques, 
  • Apporter des correctifs à l’insuffisance des données sur l’innocuité, l’efficacité et la qualité des produits issus de la médecine traditionnelle .
  • Finaliser le processus de réglementation de la médecine traditionnelle, enclenché depuis deux décennies, par les mesures suivantes :
  • Renforcer la collaboration entre les praticiens de la médecine moderne et les praticiens de la médecine traditionnelle en vue de susciter un dialogue franc et sincère pour mieux prendre en charge les problèmes de santé des populations. 
  • Réunir les conditions institutionnelles pour une collaboration entre la MT et la médecine conventionnelle
  • Faire un plaidoyer pour la promulgation de la loi relative à l’exercice de la MT
  • Diligenter l’examen du projet de loi sur la médecine traditionnelle, déjà adopté par le Conseil des Ministres,
  • Parachever le processus d’élaboration du document de politique nationale de la MT et de la pharmacopée
  • Valoriser les textes ratifiés au plan régional pour la promotion de la MT
  • Prendre en compte dans les politiques sanitaires, la contribution des médecines alternatives, complémentaires 

https://galsenspring.com/2017/09/22/medecine-traditionnelle-quelles-perspectives-au-senegal/

RECOMMANDATIONS SUR L’APPROVISIONNEMENT EN MÉDICAMENTS

  • Procéder à une estimation optimale des besoins en médicaments au niveau des différents niveaux de la pyramide sanitaire et leur maitrise. Pour atteindre cet objectif, il est préconisé: 
  • d’avoir un plan prévisionnel plus adapté, partant des besoins exprimés par les utilisateurs,
  • de mettre en place des outils de gestion et un système d’audit fiables,
  • de revoir la liste des médicaments en la recentrant sur les besoins réels
  • d’aider les pharmaciens, notamment les plus jeunes, à s’organiser et à contribuer à rendre le médicament plus accessible et particulièrement au niveau périphérique,
  • de renforcer les capacités des différents acteurs intervenant dans le domaine du médicament.
  • Améliorer l’accessibilité géographique par les mesures suivantes :
  • encourager et de renforcer les initiatives de distribution déjà mises en place (Jegesi naa et le Yeksi naa,), en allouant plus de moyens financiers, logistiques et humains,
  • améliorer les capacités de stockage surtout dans les zones les plus reculées.
  • Remédier à l’insuffisance des ressources financières 
  • en réduisant la grande dépendance vis-à-vis des contraintes du trésor public, 
  • en augmentant les ressources financières (subventions) et 
  • en réfléchissant à des financements alternatifs.
  • Repenser les politiques de gratuité de la manière suivante : 
  • avoir une évaluation plus rigoureuse des initiatives de gratuité,
  • promouvoir un système de péréquation et  de remboursement adapté permettant un recouvrement adéquat.
  • Adapter les procédures d’appel d’offres aux spécificités du système de santé, en particulier du médicament et des urgences qui peuvent en découler. Ces procédures entrainent des lenteurs à l’acquisition et parfois l’obsolescence des appels d’offre du fait du retard accusé. Pour ce faire, il est recommandé :
  • de faire un plaidoyer pour la mise en place de procédures d’appel d’offres plus adaptées au secteur de la santé et plus particulièrement celui du médicament, quitte à exercer un contrôle a posteriori,
  • de former l’autorité contractante à mieux préparer ses dossiers d’appels d’offres en ayant le sens de l’anticipation.
  • Veiller à la qualité des médicaments surtout lorsqu’ils proviennent de pays ayant une législation moins contraignante que la nôtre. Il faudra donc :
  • renforcer la législation en veillant à sa stricte application,
  • consolider le dispositif de contrôle notamment en outillant mieux le Laboratoire National de Contrôle au triple plan financier, logistique et des ressources humaines.
  • Réduire la forte dépendance du marché sénégalais du médicament vis-à-vis de l’importation (80 à 90%) par le développement d’un tissu industriel pharmaceutique local ou sous régional en approfondissant les pistes suivantes : 
    • revoir la législation restrictive imposant que les pharmaciens soient majoritaires dans les actions,
    • mettre en place une industrie pharmaceutique viable à une échelle sous régionale permettant de mutualiser les ressources humaines et financières, d’envisager éventuellement une spécialisation selon les pays, et d’avoir un marché plus vaste permettant de faire face aux coûts élevés de production.

Elle impose plusieurs contraintes : difficultés d’approvisionnement, coûts plus élevés, retards à l’approvisionnement du fait de lenteurs douanières, de congestions portuaires etc. Le corollaire est le risque de rupture et la dépendance vis-à-vis des enjeux de profit des firmes pharmaceutiques.

  • Les médicaments de la rue restent une réalité et une menace pour la santé des populations. Il convient :
  • de poursuivre le plaidoyer pour renforcer la volonté politique de l’État dans le combat contre ce fléau,
  • de se doter de tous les moyens nécessaires pour réprimer la vente illicite de médicaments grâce à une action concertée entre le ministère de la santé et tous les secteurs impliqués dans cette lutte, 
  • élaborer des stratégies spécifiques pour aider dispensateurs (soignants), prescripteurs (pharmaciens) et patients à mieux connaitre et utiliser le médicament (action de sensibilisation, formation continue etc.).
  • Renforcer le partenariat public-privé et de promouvoir les échanges et la collaboration entre acteurs du médicament pour une meilleure prise en compte des besoins des populations.
  • de mener de pair avec la répression des actions d’information et d’éducation à l’endroit des populations et des acteurs de la santé.

https://galsenspring.com/2019/01/31/tdr-du-panel-de-la-cosas-sur-lapprovisionnement-en-medicaments/

RAPPORT SUR LE PANEL PORTANT SUR UNE NOUVELLE POLITIQUE DE SANTÉ

La politique nationale de santé est définie comme une vision pour la réalisation du plus haut degré de bien-être des populations et pour la mise à leur disposition des soins de santé de qualité et accessibles. 

En effet, le seul document de politique de santé dont dispose notre pays date de 1989. Depuis, les gouvernements se sont succédé sans procéder à la réactualisation du document. En revanche, des lettres de Politique Sectorielle été élaborées, une en 2005 puis réactualisée en 2009. Les Lettres de Politique Sectorielle constituent, en général, une étape vers l’élaboration d’un Document de Politique à proprement parler et celles-ci ont présenté le défaut d’être confinées dans les frontières du système de santé, laissant en rade plusieurs déterminants sociaux de la santé et l’opportunité qu’offrent d’autres secteurs pour l’amélioration de la santé des populations. 

  • Reprendre le débat sur la nécessité d’élaborer une politique nationale de santé gelé depuis la Déclaration de la Politique de Santé et d’Action Sociale de juin 1989
  • Promouvoir une approche multisectorielle prenant en compte l’ensemble des déterminants de la santé : génétique, habitudes de vie, conditions de travail, environnement, habitat, relations sociales, accès aux soins…
  • Définir une stratégie adéquate de financement, en ayant la couverture sanitaire universelle en ligne de mire
  • S’appuyer sur les consensus mondiaux en matière de Santé Publique, en particulier la stratégie des soins de santé primaires, les ODD, l’IB, la Charte d’Ottawa…
  • Procéder à une réactualisation de notre politique nationale Santé, en
    • intégrant les différents documents de politiques sectorielles dans le nouveau document national de politique de Santé 
    • clarifiant et faisant respecter les principes directeurs  de la gouvernance du système de santé
    • définissant les différents mécanismes et procédures de financement de la Santé ainsi que les voies et moyens de les suivre et en les évaluant 
  • Faire du nouveau document de politique de santé un outil privilégié 
  • de planification nationale dans la santé et 
  • de référence pour tous les acteurs qui interviennent dans les différents secteurs contribuant à la santé des populations. 
  • Mettre en place un Conseil National de Santé (qui a existé en 1983), chargé d’améliorer la santé publique, en formulant des avis scientifiques afin de guider les décideurs politiques et les professionnels de santé.

https://galsenspring.com/2019/08/24/la-cosas-organise-un-panel-sur-quelle-politique-de-sante-au-senegal/

https://galsenspring.com/2019/09/17/la-cosas-veut-lancer-un-plaidoyer-pour-une-nouvelle-politique-de-sante-au-senegal/