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HALTE AUX PERSÉCUTIONS CONTRE LE PASTEF !

Depuis le début du mois de février 2021, la scène médiatique nationale est dominée par une affaire judiciaire, dont des indices laissent entrevoir une manipulation politique orchestrée par des personnes proches du pouvoir.

La pandémie de Covid-19 et ses terribles conséquences sanitaires et socioéconomiques n’a pas émoussé le zèle comploteur de certains !

L’accusation de viol proférée contre le leader du PASTEF Ousmane Sonko par une jeune masseuse, a donné lieu à des manipulations médiatiques et une célérité procédurale contrastant avec le temps habituellement long de la justice, qui confortent plus d’un dans l’idée que cette affaire a des relents de règlement de comptes politique. 

Quand on y ajoute que certains des protagonistes sont des proches de dirigeants de la Coalition BBY connus pour la haine qu’ils vouent au leader du PASTEF, les derniers doutes s’envolent. Que dire de l’attitude équivoque de Macky Sall, qui se serait mis en première ligne, dès le début, en donnant des consignes à ses partisans de « ne pas se mêler de cette affaire » qui serait « privée » ?  En fait d’affaire privée, il semble bien s’agir d’une tentative de liquidation du leader de PASTEF.

En effet, après l’exil forcé de Karim Wade et la détention arbitraire de Khalifa Sall, la majorité ne rêve que de faire emprisonner le député Ousmane Sonko, un des derniers obstacles à leur projet totalitaire. Ce faisant, elle ambitionne de donner un coup de grâce à l’Opposition sénégalaise, qu’elle pense agonisante, depuis les défections inattendues de certains de ses leaders les plus en vue, ce qui est supposé créer des conditions plus propices d’obtention par le président Macky Sall d’un troisième mandat illégal. Ils auraient, ensuite, comme la volonté d’organiser, à leur guise, la transmission du pouvoir, à travers des élections tronquées, afin d’assurer la pérennité de leur régime honni, au-delà de 2035.

Aujourd’hui, les Sénégalais ont tous compris les raisons de cette obstination à garder le pouvoir :

  1. Macky Sall et ses partisans ne veulent pas avoir à rendre compte de leur gestion de notre pays devant un gouvernement qui leur succédera et qui sera déterminé à défendre les intérêts des populations,
  2. L’État français, à la solde de ses multinationales, voit en Macky Sall le principal soutien à ses politiques de pillage des ressources de nos pays africains. 

Cette cabale traduit aussi une fragilité de nos institutions, car s’inscrivant en droite ligne de l’aggravation de la domestication du pouvoir législatif, de la démission de l’institution judiciaire et d’un hyper-présidentialisme exacerbé, sources de mal gouvernance et d’arrogance dans l’exercice du pouvoir.  Autant de reculs graves de l’État de droit, sur lesquels les militants de la Démocratie n’ont cessé d’alerter l’opinion ces dernières années. D’autant plus que ces dérives résultent du refus obstiné du président Macky Sall de mettre en œuvre les conclusions pertinentes des Assises Nationales et l’avant-projet de constitution de la C.N.R.I, qui, entre autres, prônaient la séparation et l’équilibre des différents pouvoirs, ainsi que le respect de toutes les libertés.

Par ailleurs, cet épisode confirme la transformation progressive de notre État de droit en État policier, qui épie ses citoyens et essaie de les contrôler, voire de les domestiquer, en s’abritant derrière des motifs comme la lutte contre le terrorisme, l’atteinte à la sûreté de l’État…etc.

 Les citoyens sénégalais ne sauraient jouir de la liberté politique sans l’acheter par quelques sacrifices, et ils ne s’en emparent jamais qu’avec beaucoup d’efforts et sous ce rapport, notre Comité de la plateforme de réflexion (C.P.R) « DOOLEEL PIT-SENEGAL NGIR DEFARAAT REEWMI » salue tous les compatriotes qui se sont soulevés pour défendre nos libertés, notamment les jeunes et appelle à la résistance toutes les forces sociales soucieuses de la préservation de la justice, notre bien le plus précieux pour vivre en paix, et construire notre pays.  

Nous ne terminerons pas, sans rappeler le traitement discriminatoire, dont ont été victimes l’imam Alioune Ndao, Boubacar Seye et Samba Tall, arbitrairement arrêtés, comparativement aux cas de Penda Ba et des députés Doumbourou Sow et Boughazelli, qui montre le visage hideux d’une justice à deux vitesses.

DOOLEEL PIT-SENEGAL NGIR DEFARAAT REEWMI exige du Président de la République la prise de toutes les dispositions utiles pour :

  • mettre fin à cette tragicomédie et assurer les conditions d’un exercice serein, crédible et égalitaire de l’action judiciaire,
  • arrêter immédiatement les persécutions dirigées contre les membres du parti PASTEF et libérer tous les jeunes sénégalais arbitrairement détenus, dont le seul crime est d’avoir résisté à l’injustice. 

Il dénonce vivement les manœuvres politico-judiciaires dirigées contre un homme politique qui, ces dernières années, est devenu le symbole vivant du refus de la domination néocoloniale par la jeunesse patriotique de notre pays.

Dakar, le 22 février 2021

Le CPR  » Dooléel PIT-Senegal ngir defaraat reewmi «