CONTROVERSES AU SEIN DE LA GAUCHE

CONTROVERSES AUTOUR DUNE FUSION ET D’UNE DÉCLARATION :  » SONKO EST LE PORTE- ETENDARD DE LA GAUCHE CONTEMPORAINE « 

J’ai lu avec beaucoup d’attention ton article, El Hadji, sur l’interview de Madieye . J’ai lu aussi le texte de SIdy. Alors je me suis permis de dire, alors que la gauche historique n’est pas morte. Témoins ces deux textes sur cette interview. J’ai toujours jugé que je peux ne pas être d’accord avec la stratégie de YAW, parce que Pastef ne peut pas être mon parti (je ne crois  pas au présidentialisme, à la personnalisation du pouvoir, comme du reste Sidy ( 1), parce que je reste fidèle à l’autonomie populaire dont YAW avait fait son credo) et j’ai quitté  doucement YAW en gardant une distance critique et une amitié polie  avec les militants communistes ou non, parce que je n’ignore jamais leur engagement sans réserve et leur foi en des luttes pour l’émancipation. Je ne me retrouve pas dans Pastef et je critique les mêmes tares organisationnelles, les luttes de leadership, de positionnement, les prétentions petites bourgeoises de certains cadres que dans les partis électoralistes. Mais j’ai beaucoup de respect pour ces jeunes inquiets pour le Sénégal qui veulent débouter  ce système et luttent, s’instruisent dans PASTEF. Et j’imagine qu’ils sont des milliers. Et YAW, avec un héritage de la gauche historique, est à la recherche d’une jonction avec des jeunes. Je suis pour cette jonction. Donc réduire PASTEF à SONKO est, à mon simple avis, dangereux et manipulateur. Ma question a toujours été comment des militants comme ceux de YAW peuvent se fondre dans PASTEF? Et là est ma divergence. La divergence est dans « fondre », « fusion ». Parce que, j’ai toujours pensé qu’une simple alliance avec un parti comme PASTEF au cœur des luttes contre le Parti-État, du fait de la radicalité de certains segments de jeunes, est suffisante et nécessaire. Divergence moindre ou majeure ? Je peux me dire : « Elle est majeure ». Et je peux me tromper. « La pratique est le critère de la vérité. » Eux cheminent, moi j’essaie des liaisons. D’autres font des expérimentations. Un jour, nous tenterons individuellement ou collectivement un bilan et nous rectifierons si nécessaire. Je le répète : « ces gens, avec qui j’ai été, ont avec eux le courage des luttes et une ambition sincère d’une libération des peuples du Capitalisme. » Je les imagine dans une expérimentation politique. Je sais qu’ils ne peuvent pas vendre leur cursus et leurs références politiques pour des raisons de paresse, d’âge vieillissant des cadres, de poches trouées. 

UN INSTANT DANS CES PARCOURS D’AVANT.

 En réfléchissant, j’ai situé un manque de rupture avec l’électoralisme dans nos rangs dès 1976 et après 1981. Senghor en faisant le bilan de Mai 68 avait commencé à capturer les partis par le piège de l’électoralisme. Parce que justement, c’est par l’électoralisme que la bourgeoisie trace l’espace où la politique reste relativement possible autour de l’État du « peuple tout entier », l’État sans classes. L’État a., alors,  l’initiative de la parole et de l’espace politique: les droits qui ne le remettent pas en question, les élections biaisées,  le contrôle des médias etc. C’est avec l’électoralisme que nous avons  perdu nos bases populaires, dans les quartiers, les usines., les syndicats  etc. dans les villes comme les campagnes. Nul n’ignore le travail immense d’implantation des partis de la gauche historique dans les lieux des masses populaires dans les années 76-81. Nous n’avions pas pu faire l’analyse réelle de la situation pour ne pas tomber dans les leurres de l’offre démocratique.  Où est-ce une surestimation du dire-vrai, faire-vrai  de nos militantismes? Je crois que YAW n’est totalement  pas en rupture avec cette logique de la politique relevant du nombre. Particulièrement du nombre électoral. Ça nous vient de loin. Nous avons été infiltrés par cette idée dégradante de la politique presque réduite à des élections. La politique égalitaire quand elle existe ne se réduit pas à l’idée de nombre, du marché, des élections et du pluralisme des partis. Elle se définit par des processus populaires où s’invente la politique intra populaire et égalitaire, où se créent des embryons de pouvoirs politiques gérés et contrôlés par les masses. Avec bien sûr un Parti ou une organisation de type nouveau.

Et là,  El Hadji, en allant du concept de PENCOO ( une autre idée de la démocratie ou démocratie intra-populaire) à PACCO (démocratie du nombre et du partage avec APR ) vous n’avez nul droit de pouvoir reprocher à YAW  une alliance avec ou une  fusion dans PASTEF. Ce dernier n’est pas jusqu’à preuve du contraire ou jusqu’à ce qu’il soit à l’épreuve du pouvoir un parti de réactionnaires. À l’aune de l’engagement de ses jeunes, je ne le pense même pas de droite. Et puis que sont ces clichés. Le dynamisme politique des jeunes contre le pouvoir et leur venue massive dans PASTEF sont une réalité non négligeable. 

MAIS PAR CONTRE El HADJI…

Vous avez, pour beaucoup de sénégalais qui vous connaissent, fait même pire parce que vous avez pactisé avec le Diable, l’APR-BBYakaar-Macky qui n’a aucun  respect pour ce peuple qui trime dans la pauvreté, dans la conscience des milliards dépensés à sa barbe  pour une infime clientèle politicarde au détriment de ce peuple qui cherche emploi, mange mal, dort mal etc.  Qui l’eût cru ? El Hadji avec sa radicalité correcte, courageuse aller d’un tour d’esprit dans BBY et y rester et se faire des dividendes selon de mauvaises langues. YAW est resté à distance des pourboires et des manigances de l’État. 

Si des alliances sont possibles n’est-il pas plus juste de s’allier avec Pastef que de s’allier avec Macky pour un communiste? C’est une question.  Le choix de la fusion a duré et a abouti à un oui. C’est aussi après des débats et des luttes de lignes correctement menées pendant deux ans au moins que YAW a lâché BENNO pour retourner chercher à faire de l’autonomie populaire.

UN PEU DE NOTRE HISTOIRE D’HIER ET …. 

Mais à quel moment Mao et les communistes se sont alliés du Kuomîngtang ? Quand le Parti Communiste  Chinois était assez fort. Et quand ce Kuomintang a lâché et réprimé des militants, le PCC a été assez organisé et fort pour survivre et prendre le pouvoir en 1949.

Ici, nous sommes affaiblis par tant de désertions, d’agendas cachés, d’incapacité  à durer dans l’activité militante tant sur le plan théorique que pratique autour d’activités- bilan -rectification -activités- bilan. Nous n’avions pas beaucoup pris en compte aussi nos imaginaires d’africains et de sénégalais et nous n’avions pas aussi appris des peuples.Beaucoup d’entre nous sont affaiblis et découragés parce que ne croyant plus  à un marxisme dynamique, critique, à l’hypothèse communiste à la suite des échecs des constructions socialistes. Mais il y a encore des communistes au Sénégal et partout dans le monde. Des expériences innovantes se font au CHIAPAS, dans le KURDISTAN, en INDE, sur des Zones en FRANCE  ( ZAD ou Zone à Défendre) sur de vastes territoires pour des tentatives de prendre en compte les acquis des constructions du socialisme et pour expérimenter  d’autres idées pour un vivre-ensemble humain sur une Terre respectée et protégée par les peuples du monde. Nous n’avons pas besoin pourtant de ces référents d’innovations pour nous réconforter mais d’une simple conscience que c’est le communisme ou l’exacerbation de la barbarie actuelle. 

Nous devons réinventer des formes nouvelles  de liaisons avec les masses autour de l’idée communiste vu notre faiblesse avant ou en même temps quand des alliances avec des forces de droite  ou de gauche- centre sont possibles.  Parce que ces dernières au nom de l’idée du nombre ne concèdent en rien sur leurs propres référents . Mais rien n’est perdu. L’heure est à une réactivation souple, dynamique de l’idée communiste. 

Les communistes se passent de prébendes d’aujourd’hui ou de demain.  La tâche la plus importante (même si des gens  communistes ou non ou des partis  non communistes s’allient avec des forces de droite) est de nous retrouver et d’exécuter des tâches: le bilan, l’appropriation de la lecture critique des parcours des révolutions du monde et des innovations et la définition de domaines d’intervention avec le peuple, etc.

Ne pleurnichons pas sur une fin de l’idée de gauche avec cette fusion, ne cédons point sur notre patrimoine historique entre échecs et réussites, sur notre conscience du communisme, ne jetons pas l’anathème sur des gens et groupes ou partis se réclamant de cette gauche historique et quels que soient les lieux de leur mise en politique et RENCONTRONS-NOUS AVEC NOS DIVERGENCES

kheuch

mameattagueye1955@protonmail.com

11 -Tragédie ou farce !, texte de Sidy, novembre 2021.

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