PLAIDOYER POUR L’OUVERTURE DE LA MATERNITE DE LE DANTEC

maternité_hald

Par Mbagnick Diouf

11 ans de fermeture c’est trop!

mbagnick
Ce 25 Août 2016, la Clinique Gynécologique Obstétricale (CGO) ou maternité de l’Hôpital Aristide Le Dantec vient de boucler ses onze longues années de fermeture. Ce qui semble ne plus émouvoir les autorités en charge de ce prestigieux héritage. En effet, c’est sous le régime libéral dirigé par Me Abdoulaye Wade que ce monument du savoir était fermé pour, disait-on être réfectionné. Plus d’une décennie après, les millions d’usagers attendent toujours les promesses de réouverture ; (Dieu sait qu’elles sont nombreuses). Un peu plus d’une décennie rien que pour réfectionner un bâtiment vous en conviendrez avec moi que c’est trop. Les promesses se sont succédées au rythme des gouvernements et des ministres en charge de la santé mais, jusque là, rien de concret. Ce symbole qui faisait la fierté du Sénégal et même de la sous région met du temps pour retrouver son lustre d’antan. Depuis 2005, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer et déplorer la fermeture de cette structure. Une fermeture dont les conséquences directes sont entre autres :l’impact négatif sur la formation des étudiants et étudiantes en médecine et la non atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement de 2015, notamment les points 4 et 5 relatifs à la lutte contre la mortalité infantile et l’amélioration de la santé de la mère. En clair, tous les médecins, gynécologues de ces dix dernières années n’ont pas eu l’opportunité de bénéficier d’un stage de gynécologie-obstétrique correct. La maternité est également un centre d’encadrement des enseignants africains préparant le concours d’agrégation de médecine humaine. Il convient d’y ajouter des étudiants venant, depuis plus de 50 ans de tous les pays francophones d’Afrique subsaharienne et du Maghreb, des élèves sage- femmes, des élèves infirmiers.

Lenteur dans les travaux

Même si on assure quelque part que les travaux sont presque finis, il est difficile de convaincre les populations sur la lenteur dans la mesure où d’autres constructions de très grandes envergures ont été réalisées en un temps record c’est le cas notamment du Centre de Conférence Internationale Abdou Diouf de Diamniadio (CCIAD), l’élargissement du service de néphrologie du même hôpital, le grand théâtre, le monument de la renaissance, etc. Pourtant, ces infrastructures sont loin d’être plus importantes que cette maternité qui, par la force des choses, constitue un symbole pour l’enseignement en médecine, la naissance et le bonheur de la femme. Ce qui est assimilé à la limite à du sabotage et le mot n’est pas de trop.
Il est clair que le Sénégal ne pourra jamais réduire le taux de mortalité maternelle et infantile avec la fermeture de cette clinique de référence.

Le cadeau d’anniversaire.

Cette maternité qui est un patrimoine national et même de la sous région ne mérité pas ce sort. Connaissant la volonté du chef de l’Etat à œuvrer pour la santé des populations surtout avec la mise en place la Couverture Maladie Universelle, de même que l’engagement sans faille de son Ministre de la Santé, le Pr. Awa Marie Coll Seck, on espère que cette année sera la bonne pour la reprise des activités de la clinique d’autant plus que les travaux sont presque terminés et que la clinique a toujours joué un rôle important dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. Anniversaire pour anniversaire, le meilleur cadeau c’est d’annoncer la date de démarrage des activités.

Mbagnick DIOUF