COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA COALITION POUR LA SANTÉ ET L’ACTION SOCIALE

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Depuis le mois de mai 2016, un groupe de professionnels de la Santé et de l’Action sociale, de diplômés de sciences sociales, d’acteurs communautaires, de membres de la société civile issus d’associations de consommateurs et de syndicats…etc a entrepris des démarches, des concertations et des débats sur les textes fondateurs en vue de la mise en place d’une Coalition pour la Santé et l’Action Sociale (COSAS) regroupant une pluralité d’acteurs.

A cette occasion, un atelier de consensus a été organisé le 24 septembre 2016. Une telle rencontre avait permis d’organiser une cérémonie de lancement et d’appeler toutes les forces intéressées à prendre part à ce processus qui est ouvert et inclusif, devant déboucher sur la mise sur pied des instances de la Coalition Nationale pour la Santé et l’Action sociale (COSAS).

A l’issue de ces différentes concertations, la Coalition a décidé de tenir son Assemblée Générale constitutive le samedi 28 Janvier 2017, à partir 9h30 à la salle de conférences de la librairie Harmattan sise sur la VDN, près du SAMU national.

Adepte d’une vision holistique de la Santé, la COSAS ambitionne de renforcer l’approche multisectorielle en impliquant tous les acteurs intervenant sur les problématiques sanitaires. Elle cherche, à travers cette collaboration, à influer positivement sur les déterminants sociaux de la Santé.

Par ailleurs, elle entend militer pour renforcer l’équité en santé en prenant en charge les intérêts des couches vulnérables de la société.

La COSAS veut également jouer un rôle d’alerte et de veille sur la gouvernance sanitaire. Elle compte s’investir pour la promotion de normes de transparence, d’équité et de liberté au sein des structures sanitaires.

Enfin, la COSAS va s’investir aussi bien pour le renforcement du secteur public de la Santé que pour la priorisation des activités préventives et promotionnelles sur celles curatives et contribuer à l’amélioration de la qualité des soins et de promouvoir l’éthique et les bonnes pratiques.

Pour une adhésion massive à la Coalition la population est invitée à prendre part à l’Assemblée Générale.

ATELIER PREPARATOIRE A LA MISE SUR PIED DE LA COALITION POUR LA SANTE ET L’ACTION SOCIALE

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Le samedi 24 septembre 2016, s’est tenue à l’ENDSS, la cérémonie de lancement – non pas de la Coalition – mais du processus devant mener à l’Assemblée Générale Constitutive de la Coalition Nationale de la Santé et de l’Action sociale.

Étaient présents près d’une cinquantaine de personnalités et/ou de représentants d’organisations ou de réseaux, notamment: les syndicats tels que le SAS, le SDT/3S et le syndicat des professionnels de l’Action sociale, des universitaires, des professionnels de la Santé publique dont des médecins-chefs de région, l’association des femmes médecins, celle des femmes universitaires et l’association de lutte contre la dépigmentation artificielle ainsi que les femmes de la Médina, des badjenou gox, des tradithérapeutes, des sociologues, des associations de consommateurs, le groupe OASIS…etc.

La rencontre a été présidée par Dr Seynabou Diakhaté BA, au nom de madame le Ministre de la Santé et de l’Action Sociale.

Après le discours introductif du coordonnateur Pr Boubacar Camara, il revenait au Dr Mohamed LY, rapporteur, de faire une présentation de la Coalition. Ensuite, les débats ont été ouverts sur le projet de manifeste introduit par Dr Amadou. Beaucoup de critiques constructives ont été formulées.

Ce qu’il faut retenir cependant, c’est que les participants étaient unanimes à reconnaître la pertinence de la Coalition et semblent se l’être appropriés. C’est pourquoi, il est prévu d’envoyer les projets de statuts et de règlement intérieur à tous et de tenir des réunions mensuelles préparatoires de l’assemblée générale constitutive prévue pour Janvier 2017.

Des prières ont été dites à la mémoire du Pr Ibrahima Wone, figure marquante de la Santé Publique et enseignant émérite et pour le prompt rétablissement des malades, particulièrement ceux, dont les parents n’ont pu se joindre à la réunion.

PS: Après la fin de la réunion, nous avons été informés du décès du fils de l’honorable député Mame Mbayame Dione BA, à laquelle nous présentons nos condoléances attristées.

QUELQUES IMAGES DE LA RÉUNION SUR FACEBOOK.

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POUR UN OBSERVATOIRE CITOYEN DES POLITIQUES PUBLIQUES DE SANTÉ !

OBSERVATORY

Une des grandes contraintes pesant sur le système socio-sanitaire sénégalais est le manque de forces de contre-propositions pour modérer les penchants politiciens propres à tout pouvoir politique.

A notre connaissance, CICODEV, institut panafricain de recherche, de formation et d’action pour la Citoyenneté, la Consommation et le Développement en Afrique est l’une des rares organisations à s’être impliquée dans l’identification des dysfonctionnements des structures sanitaires et le processus de mise en œuvre de la CMU, si on fait abstraction du fameux rapport du Forum civil sur la corruption dans le système socio-sanitaire, il y a de cela, quelques années.

Au niveau du monde enseignant, une organisation telle que la COSYDEP, qui se veut une organisation de la société civile,  joue un rôle de plus en  plus reconnu en tant que cadre stratégique de réflexion dans la définition et la mise en œuvre des politiques d’éducation en vue de promouvoir le droit à une éducation publique de qualité, gratuite, inclusive et accessible à tous.

Il reste que le secteur de la Santé et de l’Action sociale reste caractérisé par une pléthore de cadres organisationnels allant des ordres professionnels (dentistes, pharmaciens, médecins) aux syndicats et associations de consommateurs, en passant par les organisations communautaires et Amicales et associations, qui semblent prêcher pour leurs chapelles respectives et servent très souvent de faire-valoir à des initiatives inspirées, la plupart du temps, par des partenaires techniques et financiers et avalisées par l’Etat sénégalais. C’est dire que cet éparpillement et cette absence de concertation sont à l’origine de la faiblesse des contre-pouvoirs dans le secteur.

Cette situation justifie la mise en place d’un cadre citoyen d’évaluation des politiques publiques de santé et d’action sociale. Ce cadre, qui devra être une force de propositions et de contrepropositions, devra être apolitique, laïc, ouvert et inclusif. Il devra inciter l’Etat sénégalais à renégocier certains aspects des interventions des Partenaires Techniques et Financiers, qui devront davantage prendre en compte nos priorités nationales.

Le système sanitaire devra être rééquilibré pour s’extraire de sa tendance vers le « tout hospitalier » et renouer avec la philosophie des soins de santé primaires, qui demeure plus actuelle que jamais et s’appesantit davantage sur les programmes préventifs et promotionnels au niveau communautaire.

Il faut toujours garder à l’esprit que si, au cours du siècle passé, les progrès de la médecine ont permis l’allongement de l’espérance de vie de cinq années dans les pays développés, ce sont diverses initiatives de santé publique qui ont permis d’en engranger vingt-cinq autres portant le total à trente années supplémentaires de vie. Il s’agit notamment de la vaccination, de la sécurité routière, du contrôle des maladies infectieuses, de la baisse de la mortalité due aux affections coronariennes et aux attaques cérébrales, d’une meilleure alimentation, de la promotion de la santé maternelle et infantile, du planning familial…

C’est dire qu’il faut mettre davantage l’accent sur les déterminants sociaux de la santé, c’est-à-dire les conditions sociales dans lesquelles les gens vivent et travaillent mais également répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources au niveau local, national et même international.

Considérant les multiples entorses à une gestion transparente constatées dans plusieurs établissements publics de santé et l’apathie dont font montre la quasi-totalité des conseils d’administration, il est de la plus haute importance que soit mis en place un observatoire du système socio-sanitaire, qui aura des fonctions de veille et d’alerte sur la gouvernance sanitaire.

Pour éviter que notre système sanitaire continue d’être l’otage de divers groupes de pression, tous les acteurs du système de santé et la société civile sont interpellées pour sortir la Santé et l’Action sociale du ghetto, dans lequel certains lobbies obscurs veulent l’enfermer et en faire l’affaire des masses populaires de notre pays.

NIOXOR TINE